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Un brin de légèreté

Petit télégramme à l'usage des lecteurs

Cherche un électricien pour rétablir le courant entre les gens qui ne se parlent plus...un opticien pour changer le regard des gens...un artiste pour dessiner un sourire sur tous les visages...un maçon pour bâtir la paix...et un professeur de maths pour ré-apprendre à ...compter les uns sur les autres...

 

Merci à vous.

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30 juillet 2013 2 30 /07 /juillet /2013 18:02

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Pour que Camille puisse faire comme les autres au sein de sa classe, c'est-à-dire raconter son week-end et ses vacances, nous avons mis en place au cours de l'année scolaire une nouvelle activité. 

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A la fin du week-end, Camille choisit les photos représentatives pour elle de moments privilégiés et à partir desquels elle va pourvoir réaliser des commentaires. Une fois choisies, maman sélectionne les pictogrammes correspondants pour composer la phrase.

Le sujet, verbe, complément s'accompagnent régulièrement d'adjectifs et de prépositions.

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Pour garder en mémoire et restituer  ces événements mais aussi pouvoir consulter ce classeur librement, nous imprimons chaque photographie accompagnée de pictogrammes en double exmplaire : un premier travail de construction est réalisée la veille de la reprise à la maison puis conservée dans son classeur des princesses tandis que son double est transmis à l'école le lendemain ou lors de la reprise.

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Introduction de la prépaosition avec       Nous travaillons en parallèle sur la reconnaissance des prénoms.

C'ette activité ravit Camille qui participe activement au tri des photographies, pictogrammes, reste assise durant toute la durée de la préparation pour enfin, toujours avec guidance, découper puis coller.

Cette activité permet de préparer l'activité de commentaires d'images ou d'événements.

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Généralisation en contexte sur les émotions.

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 17:19

Propre et sale/ Chaud et froid

Nous poursuivons les apprentissages en situation de bureau sur les adjectifs en Makaton. Je présente à Camille un tableau où elle travaille par paire sur les contraires : 

  • propre et sale,
  • chaud et froid.

Le tableau est constitué de quatre images pour chaque adjectif et Camille doit suivre le sens de l'écriture. Cela devient systématique mais de temps en temps, elle espace encore les images. 

Les images où subsistent des confusions sont le frigidaire et le four qu'elle inverse souvent. Pour le reste, elle associe bien les images aux adjectifs correspondants.

Reste à généraliser l'utilisation de ces adjectifs au quotidien.

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Ce tableau est téléchargeable ICI.

      Petit et grand

Les adjectifs petit et grand sont acquis et nous reprenons régulièrement les activités de tri de 5 tailles (Cf. De gauche à droite). Pour mieux identifier les pictogrammes petit et grand, j'ai repris une dizaine d'images colorées d'un jeu de cartes que Camille apprécie où j'ai modifié la taille des images.

Camille les range ensuite par paire, dès lors qu'elle a trouvé les associations, dans une petite boîte. Elle aime beaucoup cette activité, qu'elle réalise de façon autonome.

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Ces images sont téléchargeables ICI

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 22:07

Les progrès en communication : de 2011 à aujourd'hui

Nous avons débuté le P.E.C.S. avec Camille il y a juste deux ans.

L'utilisation du premier pictogramme a été initiée au cabinet de la psychologue A.B.A. avec le pictogramme des toilettes en mars 2011, pour exprimer un besoin primaire; puis nous avons introduit progressivement à domicile une mini-pochette portative contenant une quinzaine de pictogrammes sur des demandes courantes, des personnes et des lieux.  Les photos et images sélectionnées constituaient en quelque sorte le fil de la journée (Cf. Pochette porte-images communication alternative). Camille la portait à sa taille lors de tous ses déplacements en l'utilisant dans les différents lieux de vie. Malgré un usage adapté à domicile, des persévérations ont émergé dans certains lieux d'accueil de sorte que la généralisation du PECS s'en est trouvée réduite. Par exemple, à l'école, Camille ne se focalisait que sur ma photo, celle de son frère ou du chauffeur de taxi pour signifier qu'elle attendait la personne qui allait venir la chercher.

Parallèlement, l'élaboration d'un emploi du temps visuel et de différents supports de jeu et de travail ont familiarisé Camille à l'usage des pictogrammes.

L'été dernier, un classeur de format A4 a inauguré le début des grandes vacances. Celui-ci regroupait un panel de pictogrammes (personnes, verbes d'action, complément, lieux...). La complexité du classeur et la surcharge d'informations ne permettait pas à Camille de s'y repérer, de sorte qu'à la fin de l'été, nous avons redéfini les objectifs et repris avec les professionnels formés au P.E.C.S. les phases initiales du P.E.C.S. Ces phases ont été travaillées avec l'éducatrice spécialisée à domicile et en situation de travail puis nous les avons reprises au quotidien, en créant et aménageant des situations de communication pour généraliser et diversifier les interactions.

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Camille choisit ici la couleur avec laquelle elle souhaite peindre sa boite.

Un premier classeur a été crée sur le quotidien puis un deuxième sur l'un de ses centres d'intérêt privilégié : les poupées. Cela a déclenché un véritable engouement chez Camille qui s'est appropriée ces deux classeurs en l'espace de trois mois à peine, avec un vocabulaire de plus en plus important et abstrait. Après 6 mois d'intervention, Camille utilise maintenant 6 classeurs distincts facilement maniables et transportables. Ils sont présentés à la fin de ce billet.

C'est une grande fierté et une grande joie de la voir communiquer journalièrement avec en multipliant les demandes, allonger ses phrases, y ajouter les prépositions, faire des commentaires et réinvestir des pictogrammes en fonction d'une situation donnée. Le projet de communication augmentative se trouvait en tête de liste pour cette année, avec une volonté d'accessibiliser la communication, d'accompagner Camille dans son développement, de structurer le langage et faciliter l'accès à la lecture et à l'écrit.

Pour vous parler de la communication alternative ou augmentative, voici un ouvrage que j'ai trouvé passionnant avec de nombreuses idées à réinvestir avec son enfant. Je vous en livre des extraits, avec quelques commentaires quant à ma propre expérience avec Camille et  des exemples illustrant le tout.

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"Dans ce domaine particulier où les échanges sont rendus difficiles par des pathologies diverses, j'évoque cette détermination à solliciter et aider les gens pour qu'ils agissent avec et malgré leur déficience, qu'ils sachent gérer au mieux les conditions dans lesquelles ils peuvent exprimer leur être profond, leur identité, leurs désirs, qui font de chacun un être singulier et unique.

En particulier, est autonome celui qui apprend, à partir d'une aide reçue, à faire seul, dans la mesure de ses possibilités".

Extrait de Communiquer autrement. Accompagner les personnes avec des troubles de la parole ou du langage: les communications alternatives, Elisabeth Cataix-Negre

La première question posée par l'auteure dans son introduction est essentielle pour comprendre comment les personnes non-verbales font face à des défis permanents, nécessitant de la combativité et de la patience pour ne pas renoncer, pour garder l'énergie d'égréner pictogramme après pictogramme, un message souvent déjà élaboré en pensée. 

Que feriez-vous si vous étiez un jour privé de la parole?

Communiquer quant tout est présent en tête et qu'on ne peut parler.

Communiquer quand on cherche les mots.

Communiquer quand on ne retrouve pas les images.

Communiquer quand on ne peut faire qu'un geste ou deux, valables éventuellement pour le "oui" et pour le "non", mais qu'on veut dire autre chose, "bof", "je veux parler d'autre chose", "tu es belle"...

Continuer de communiquer quand le partenaire ne comprend pas.

Communiquer quand le partenaire ne veut pas s'y mettre...

Communiquer quand le partenaire ne veut pas comprendre...

Communiquer avec un entourage rétréci, de proches bien intentionnés souvent,  mais qui n'ont pas toujours le temps, et ne laissent pas toujours l'utilisateur de tableau avoir son point de vue...

 Un bain de parole trilingue : parole, signes et images 


"La communication est par nature multimodale. Elle joint le geste à la parole, ainsi que la désignation d'objets et d'images pour préciser les choses et les actions...

Le bain de langage naturel propose bien un environnement émulateur de situations de communication et modélisateur de langage. D'où les questions suivantes qui sont au centre d'une pratique améliorée :

  • Qu'apportons-nous comme bain de langage à cet enfant particulier qui ne développe apparemment pas son babillage ou ses interactions normalement?
  • Notre langage oral est-il suffisant pour lui faire vivre et lui montrer des stratégies de communication?
  • Sur quoi va-t-il se baser pour développer des compétences communicationnelles, lui qui a peut-être une déficience motrice, intellectuelle ou sensorielle?

Pour enrichir son bain de langage oral trop restreint ou peu "nourricier", il nous revient de lui proposer une nourriture langagière supplémentaire et "modélisante", à travers d'autres canaux pour faciliter et renforcer sa compréhension du monde : un bain de langage supplétif et alternatif avec images et signes. En pratique, il nous faut y "mettre les mains". Même s'il comprend, il a besoin qu'on lui montre comment ce qu'il comprend peut être dit, en désignant et en signant. C'est de notre responsabilité.

Le projet sera toujours pour l'enfant d'accéder au langage oral ou d'utiliser la CAA en expression, de façon individualisée et adaptée à ses capacités.

Mais il s'agit d'abord de lui expliquer le monde, de faciliter sa compréhension des choses, des rythmes, des gens, en lui proposant sur le versant réceptif un langage oral et multimodal. Il bénéficiera ainsi de modèles différents, afin d'exploiter le meilleur canal possible pour lui.

Tout ce qui va suivre peut être parlé par l'adulte modélisateur, en même temps que désigné et signé. Non pas en introduisant la langue des signes, mais plutôt un "surlignage" en signes et en images, une mise en valeur des "mots-balises" les plus importants qui appartiennent aux routines quotidiennes.

Encore faut-il que les images soient disponibles...

Dans cette approche, ce sont les personnes proches et les accompagnateurs, qui ont besoin de l'aide technique et de quelques signes, au bon moment, au bon endroit et à de nombreux moments de la journée. Et l'environnement peut les offrir.

Les signes, eux, ont l'avantage d'être toujours disponibles, dès qu'on en connaît quelques-uns...

En revanche, comme la parole par rapport à l'écrit, les signes s'envolent et les images restent...Les images sont des supports adaptés pour garder une information et y revenir, alors que les gestes sont parfois mal perçus car fugitifs, et jamais complètement identiques, moins stables. Manipuler concrètement les images permet de "contenir" dans la pensée les concepts représentés. 

Avec tous, tous les jours, beaucoup de temps et de dispobilité, de renforcements et d'attention spécifique sont nécessaires, que nous avons rassemblés dans cette liste sous forme d'acrostiche :

ACCESS...

A : Adoptez, Adaptez, Accordez de l'Attention à toutes ses tentatives de communication!

C : Croyez en ses Capacités de Compréhension.

C : Créez le Contact et multipliez les occasions de Contacts.

E : Ecoutez et Encouragez ses efforts!

S : Sollicitez-le Souvent et Stimulez-le en Situation réelle.

S : Soutenez les Signes qu'il produit pour leur donner du Sens!

Idées de supports

  • Le temps

"Le temps qui passe est une succession de temps de repères, autant de portes d'entrée dans la représentation du vécu (personnes, lieux, activités, avec objets réels, objets-références, images).

La représentation est un préalable à la structuration, elle permet d'anticiper les événements, de s'y préparer et d'apprendre à attendre et à évaluer l'attente, tellement fréquente. 

Les premières notions de temps sont souvent "maintenant" et "après", mais également "attends!". L'attente devient l'occasion de manipuler l'"après".

Le déroulement du temps, par activité, journée ou semaine, voire par année est exploité dans le même but que la signalétique : soutenir la verbalisation avec signes et désignation d'images, en situation. Tous les matins, l'enfant ou l'adulte peut anticiper avec une main aidante et "signante" les moments de sa journée, devant un calendrier personnalisé. Au cours de cette évocation, elle place ou replace dans l'ordre chronologique les symboles avec renforcement mimé et verbalisé. Les présentations sont multiples, au gré de la créativité."

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Emploi du temps de Camille en lecture horizontale avec un gobelet où sont insérées les images dès lors qu'une activité est terminée.

  • Les tableaux en contexte et posters

"Ils sollicitent le pointage mais proposent du vocabulaire thématique contextuel en lien avec le lieu et l'activité

Ces panneaux peuvent reprendre la chronologie d'une action, représenter des consignes, un déroulement de tâche, des modes d'emploi, des listes de matériels. Ce vocabulaire nécessaire et disponible permet, dans une intention modélisatrice, de soutenir les consignes énoncées, de décrire les objets et les concepts, de faire des demandes sur les objets représentés. Ceci dans la salle de bain comme en classe ou en récréation...

SAM_2583-copie-1.JPG   SAM_2581.JPG

Séquentiels pour le brossage des dents et l'habillage avec décomposition des étapes (pictogrammes issus du logiciel Les pictogramme 2: en route vers l'autonomie).

On est davantage dans un présent immédiat, qui n'empêche pas d'utiliser ces mêmes images pour faire des commentaires et amener à des actions décalées dans le temps : le vocabulaire est fonctionnel. 

  • Règles de vie

J'utilise deux jeux que j'ai depuis longtemps mais qui étaient jusqu'à présent trop complexes pour Camille :

1.  Le bon exemple à l'école chez AFD Editions 

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Il s'agit d'un jeu d'association pour apprendre à avoir un comportement correct pour une cohabitation adéquate dans la classe avec les camarades. Celui-ci consiste à mettre en relation 17 paires d'attitudes (une bonne et une mauvaise à chaque paire) pour identifier laquelle est "bonne" et laquelle est "mauvaise". Nous travaillons ainsi le tri d'images avec les pictogrammes "C'est interdit" et "C'est bien".

2. Le bon exemple à la maison : ICI

Sur le même principe, avec des cartes représentant des situations à la maison. 

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Cette activité demande beaucoup d'attention à Camille qui doit repérer les différences et les associer au type de comportement correspondant. Cela reste une activité encore réalisée avec guidance mais elle a beaucoup progressé et j'ai choisi une dizaine de situations qui ont du sens pour elle.

  • Le tablier à pictos

Il s'agit d'un "tablier à pictos" institutionnalisé par un IME "imaginé pour rendre accessibles les pictos utilisés le plus souvent, et les manier comme ils signent avec les mains. Cinq poches de couleur, correspondant à cinq familles de pictos, ont été créées : les oui/non, les WC, couches; une couche, une cuillère; les émotions : la joie, la tristesse, la douleur, la peur; les jeux et pour finir, les actions : manger, boire, dormir, jouer, vouloir, embrasser. 

Les poches sont plus facilement accessibles que les tableaux mureaux vers lesquels il faut se déplacer pour saisir un picto. "

Cette réflexion a été la même que pour Camille, lorsque j'ai choisi de mettre en place le P.E.C.S. Un classeur me paraissait hors de portée et peu pratique pour avoir à disposition immédiate les pictos pour formuler des demandes. La mini-pochette portative disponible chez Hoptoy's ou AFD Editions s'est révélée ingénieuse pour accéder à la communication. Je la recommande vivement pour débuter car l'enfant, l'adolescent ou l'adulte ne se noie pas dans une quantité de pictogrammes dont il ne perçoit pas le sens et a à disposition un nombre réduit de pictos qui lui permettent de poser les prémices à une communication efficiente et fonctionnelle.

Apprendre à communiquer 

L'auteure parle ici de multiples occasions présentes dans la journée propices à solliciter la personne dans les aptitudes visées.  Quelques suggestions d'aménagements de ces situations : 

  • Demander un objet ou une action : aménager = 
  1. Placer des objets appréciés dans son champ de vision mais hors de portée.
  2. Donner un objet, le reprendre et attendre qu'il le redemande.
  3. "Oublier" un élément au cours d'une activité : servir à boire sans apporter son verre, installer un dessin sans apporter de feutres, lui servir des céréales sans lait.
  • Demander "encore!" au cours de la journée : aménager = 
  1. A table, servir un verre de jus très peu rempli, servir peu de chaque mets.
  2. Gonfler un balon de baudruche, faire des bulles et interrompre sans raison, l'air de rien.
  3. Le balancer et interrompre le balancement, etc...
  • Demander de l'aide : quand un objet désiré ou nécessaire est hors de portée, visible ou caché. Aménager = 
  1. Proposer un jeu dans une boîte transparente, ou faire des bulles, refermer le flacon et le lui donner, en sachant qu'il ne peut l'ouvrir.
  2. Ranger le chocolat dans un endroit inhabiutle, etc...
  • Refuser : quelque chose à manger, la couleur choisie par un copain, l'histoire choisie par la maîtresse pour lire en classe...Aménager = 
  1. Placer devant lui un jouet ou un objet qu'il n'aime pas et commencer l'activité. 
  2. Utiliser l'humour : faire mine de lui enfiler une chaussette à la place de ses gants, ou se mettre à manger avec la louche...
  3. Lui dire, en désignant une voiture : "Oh, le beau cheval!" (mais s'il ne réagit pas, prenez soin de rectifier en affirmant que vous vous êtes trompé!).
  • Les transitions : entre deux rééducations, entre le repas et la récréation, etc...Aménager  = adoptez des outils de représentation des activités qu'il puisse manipuler (p. ex. : un emploi du temps). Lui présenter à chaque transition, le mettre à sa disposition, le laisser manipuler, le lui présenter à nouveau s'il commence à s'agiter ou s'énerver...
  • Savoir attendre : pendant que l'eau du bain coule, pendant qu'on éteint l'ordinateur...Aménager = introduire sciemment des pauses entre des activités. 

Ces sollicitations multiples sont propres à valoriser les aptitudes de base pour des échanges en contexte. Il faudra plus tard mettre en place les conditions pour élargir le vocabulaire, les contextes et les partenaires.

Innover dans une démarche individualisée

A la lecture de cet ouvrage et comme fil conducteur, j'ai retenu : " Plutôt que de proposer du vocabulaire, il faut viser à proposer de la communication!". Compte-tenu des difficultés préalablement repérées dans la mise en place du P.E.C.S et sur les conseils des professionnels accompagnant Camille, le choix a été fait de lui concevoir différents classeurs de communication regroupant chacun une thématique et un besoin particuliers. Après une première utilisation performante de son classeur journalier (vie quotidienne) et au regard de la multiplication et de la qualité des demandes réalisées, 5 classeurs de communication ont suivi : le classeur des poupées, le classeur d'activités autonomes, le classeur des repas, le classeur des sorties, le classeur de travail en situation de bureau.

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Je vous ai déjà présenté le classeur de communication pour les demandes relatives à la vie quotidienne (Cf. Pictogrammes Makaton, construction de phrases (2) : mon cahier de communication au quotidien) et celui des poupées (Cf Jeux structurés semi-autonomes et autonomes). Ce sont des classeurs que Camille utilise journalièrement.

  • Le classeur du travail autonome, introduit il y a quelques mois, lui permet de choisir 3 activités et de les réaliser en autonomie avec une réglette créée à cet effet : 

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  • Le cahier des sorties est utilisé exclusivement pour les demandes réalisées en extérieur chez les commerçants, pour aller chercher le courrier ou un colis, pour les loisirs  : boulangerie, commerces d'alimentation, boîte aux lettres, La Poste, association de loisirs avec les différents ateliers et personnes...

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  • Le cahier des repas a été créé pour présenter le menu, insérer des temps d'attente avec une réglette entre chaque plat et permettre à Camille de mettre la table en comptant le nombre de couverts à partir de fiches représentant le nombre de personnes : 

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Avant de réaliser chacun des classeurs, j'ai au préalable listé les demandes de Camille et leur fréquence afin de lui proposer un vocabulaire adapté à ses besoins puis je les ai progressivement enrichis.

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 13:02

Photo de classe

Toujours dans une démarche individualisée et dans l'optique d'accessibiliser la communication, j'ai crée un montage pictographié autour de la photographie de classe de Camille. Située au-dessus de son bureau, elle est l'objet de demandes journalières récurrentes. Le fait d'ajouter autour de celle-ci des pictogrammes sur le thème de l'école permet de créer des points d'ancrage et d'ouvrir à une lecture nouvelle, favorisant les échanges et le partage d'informations.

Je me suis inspirée du livre Communiquer autrement. Accompagner les personnes avec des troubles de la parole ou du langage : les communications alternatives dont je parle ICI, que j'ai beaucoup apprécié dans l'approche humaniste qui est donnée à l'usage de la communication multimodale et à l'individualisation dans sa mise en oeuvre.

Cette nouvelle photographie donne à converser autour des activités réalisées à l'école, des personnes qui ont accompagnées la journée, du temps... Les pictogrammes disposés autour de la photo, parsemés et non structurés en phrase, "permettent d'éviter l'écueil de la légende qui fermerait la conversation sur un seul et unique acte de langage, écrit et donc destiné à être lu. Il est bien plus intéressant de lui montrer à cet instant-là, des signifiants avec lesquels construire désignation après désignation une phrase inattendue, plutôt que de lui relire indéfiniment la même phrase".

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Et dans le prolongement, un commentaire inattendu produit par Camille, hier, en regardant sa photo de classe :

"Fanny (sa poupée) ne va pas à l'école", suivi des pictogrammes "maison" et "maman". Pour formuler une négation, Camille a  détourné un pictogramme introduit dans la matinée "jour sans classe" et a répondu à ma négation (le fait que les poupées ne vont pas à l'école) en ajoutant que sa poupée restait à la maison avec maman.  

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Je suis toujours surprise de la façon dont Camille se saisit de ses classeurs de communication et de l'utilisation des pictogrammes qu'elle utilise maintenant à bon escient. Je m'aperçois qu'elle s'est appropriée l'ensemble de ses classeurs (que je vous présenterai prochainement en détail ICI) et qu'elle en connaît chaque recoin. Par exemple, elle va passer avec aisance du classeur des poupées où elle va rechercher un pictogramme dans une catégorie précise puis va prendre son classeur du quotidien où elle va manipuler un pictogramme dont elle avait besoin pour formuler sa phrase et qui n'était pas dans le classeur des poupées. Elisabeth Cataix-Nègre dans l'ouvrage cité précédemment, parle "d'un apprentissage d'une langue dont on  enseigne le vocabulaire".  

Nommer les pièces de la maison sur la base d'un puzzle

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Camille possède le puzzle d'observation de la maison de chez Djeco qu'elle réinvestit beaucoup ces temps-ci. Pour l'aider à étendre l'utilisation des pictogrammes sur les lieux dans les situations quotidiennes, je lui propose à partir de ce puzzle de nommer les différentes pièces de la maison en leur apposant le pictogramme correspondant.

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Nous avons également introduit les pictogrammes en haut et en bas pour l'amener à les utiliser à notre domicile et à formuler des demandes pour aller au rez-de-chaussée ou à l'étage.

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Tableau des émotions

Cette affiche a été positionnée dans la chambre de son frère Marius, pour verbaliser la survenue d'émotions disproportionnées et nommer les émotions suscitées par ces réactions dans l'entourage. Il suffit de poser le pictogramme de la personne et de l'émotion correspondante, l'un à côté de l'autre.

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Cet outil vient en complément du travail réalisé sur les émotions (Cf. Les visages : reconnaissance des émotions simples (1)) et a fait l'objet, au préalable, d'une reconnaissance des pictogrammes.

Son frère l'utilise beaucoup en association à un moment précis où il prend le pictogramme et mime l'émotion (particulièrement la colère, la tristesse et la maladie). C'est un excellent outil de partage entre frère et soeur.  

Affiche des jeux autonomes

Deux affiches avec une bande-phrase figée constituée des pictogrammes "Je choisis de travailler seule ..." ont été apposées sur le mur à des endroits stratégiques (au-dessus d'un espace de jeux au salon et dans la chambre de son frère).

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Ces petits aménagements sont propres à solliciter la désignation et les occasions de choix. Camille utilise spontanément cet outil, accompagné d'une réglette de trois activités autonomes pour visualiser le déroulement des activités.

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Les images des jeux lui permettent, par exemple, lorsque je suis dans une autre pièce ou non disponible, de me faire une demande appropriée en déscratchant le pictogramme, en me le pointant puis en me nommant pour réaliser l'activité avec elle.

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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 11:30

Après des débuts laborieux dans la mise en place du P.E.C.S, Camille s'est appropriée cet outil qu'elle utilise de façon active et intentionnelle avec des automatismes maintenant acquis. Son maniement a permis d'augmenter la qualité et la quantité de sa production langagière, elle est très souvent à l'initiative de la production de phrases structurées, sous la forme de "Je veux" (phase IV du PECS) et elle choisit et exprime ce qu'elle souhaite. Je l'incite encore à utiliser son cahier de communication et sa bande-phrase pour des demandes qu'elle n'a pas l'habitude de faire, pour étendre son vocabulaire ou positionner les unités langagières dans le bon ordre mais de manière générale, Camille est capable de formuler une demande avec le pictogramme "Je veux", associés à deux pictogrammes - verbe, complément - (Cf. Pictogrammes Makaton, construction de phrases (2) : mon cahier de communication au quotidien).

Actuellement, je lui apprends à répondre à la question "Que veux-tu?" (phase V du PECS).

Le jeu des phrases

Ce jeu, accessible sur le site du Makaton (dans la rubrique Matériel à télécharger - apprenti lecteur -), consolide l'utilisation des pictogrammes et la reconstitution de phrases à trois éléments (sujet, verbe, complément).  Il est constitué d'images à décrire et d'une bande-phrase où chaque unité est représentée par une couleur pour les différencier. Les cartes personnes sont représentées en bleu, les cartes actions en rouge et les cartes objets en vert.

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Voici quelques exemples de phrases : la fille mange une glace, l'homme lave la voiture, la femme lit un livre...

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Pour améliorer la syntaxe de la phrase produite, nous travaillons en parallèle sur l'introduction d'un quatrième pictogramme : la préposition avec.

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Dans un premier temps, je présente à Camille une série d'images et une phrase de type : "Je découpe avec", "Je colorie avec", "Je mange avec"...Camille doit la compléter avec l'image correspondante, parmi deux ou trois prépositions.

Nous utilisons d'autres supports déjà connus :

Ploum (Cf.  Structure langagière)

Ploum mange avec sa cuillère.

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Ploum dessine avec ses crayons.

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Ploum se lave les dents avec sa brosse à dents.

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Pour suivre une structure syntaxique plus complexe (sujet, verbe, complément, préposition, nom), j'ai crée un support de base avec les questions pictographiées (Qui? Quoi?) pour étayer la réponse avec dessous des carrés vierges qui prédéfinissent l'emplacement des pictogrammes. J'ai placé une gommette verte à gauche sur la bande-phrase pour donner un repère visuel au point de départ et une gommette rouge pour indiquer la fin de la phrase (en continuité avec d'autres activités pour comprendre le concept de "fini"). J'ai, en effet, remarqué sur différentes activités et à plusieurs reprises, que Camille débutait au milieu d'un support horizontal. Je traiterai ce point dans un prochain article.

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Finalement, après plusieurs essais, Camille est plus à l'aise avec la bande-phrase type pour réaliser sa phrase.

Les images de Allonge les phrases avec moi! me permettent de réviser la structure de la phrase,  travailler les associations, poursuivre l'apprentissage des pictogrammes Qui? Quoi? et généraliser.

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SAM 2275

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J'ai également choisi quelques cartes du jeu Pouet Pouet pour utiliser à la fois le pictogramme jouer et avec.

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Au quotidien

De nombreuses situations du quotidien offrent la possibilité d'utiliser la préposition "avec". Lorsque Camille me fait la phrase, "Je veux dormir la poupée", nous la reformulons en introduisant la préposition "avec". Demander à habiller, coiffer ses poupées peut aussi être l'occasion de préciser avec quels vêtements ou quels accessoires (Cf. Répondre aux questions Qui, quoi et où avec le Makaton )...

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J'ai également cherché de nouveaux support de lecture.

Les livres de la collection Bidule de niveau A1 à A5, accessibles aux lecteurs débutants, offrent de belles illustrations et permettent à Camille d'utiliser des verbes simples et de généraliser leur utilisation; toujours avec le support des pictogrammes.

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Dans chacun de ces livrets, seul le pronom "je" est utilisé avec une structure de phrase simple et répétitive.

Nous n'avons pas suivi l'ordre des livrets car les verbes Etre et Avoir me semblent, pour le moment, encore abstraits et plus difficilement représentables. Les livrets Bidule mange et Bidule joue se situent dans la continuité des activités que nous réalisons. Nous avons commencé avec le livret Bidule joue pour assimiler la préposition avec.

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Ces livrets nous donnent aussi l'occasion d'introduire les pronoms personnels mon et ma, ainsi que les adjectifs petit et grand qui ont déjà fait l'objet de différents apprentissages (Cf. Couleurs, formes et grandeurs) .

Voici quelques exemples :

Je joue avec ma petite voiture.

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Je joue avec mon ami.

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Je joue avec mon ourson.

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Je joue avec mon chien.

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 22:06
Après s'être familiarisée aux pictogrammes, aux unités langagières et à la description d'images (Cf. PECS et Makaton), Camille apprend à répondre aux questions : Qui? Quoi? Où?

Pour cela, j'utilise différents outils :

  • le jeu des questions version simple disponible sur le site du Makaton : ICI. 10 phrases sont proposées avec au verso les pictogrammes Quoi? et Où? Une grille de désignation avec 10 réponses possibles est présentée sur le bureau. Camille doit répondre à la question correspondante en pointant la réponse. Les pictogrammes inconnus ont été au préalable introduits par groupe de 3.

Où?

 SAM_2114.JPG

Par exemple, pour la troisième image représentant la phrase "Je dors où?", Camille me pointe le pictogramme "le lit" de la première planche.SAM_2116.JPG

 Je verbalise chaque phrase en décomposant le sujet, le verbe et le complément. Puis je pose la question en signant et montrant le pictogramme correspondant. Pour signer plusieurs mots du vocabulaire de base utilisés au quotidien et les pratiquer, j'ai visionné le DVD du Makaton. Les signes du vocabulaire de base que j'ai emprunté au Centre de documentation du Centre de Ressources Autisme. Ce support ne peut aucun cas tenir lieu de formation mais ayant suivi, il y a quelques années, une initiation à la Langue des Signes Française, cela m'a permis de me remettre en tête le contexte de l'expression signée qui utilise tant le mouvement et la direction.  J'ai trouvé ce DVD bien réalisé et explicite sur la gestuelle de sorte que pour le vocabulaire de premier niveau utilisé quotidiennement, je le trouve tout à fait exploitable pour des personnes non formées. Je commence à signer une vingtaine de mots que j'étendrai progressivement. L'essentiel est de rester concentrée sur un vocabulaire fonctionnel et donc un nombre réaliste de signes à produire devant Camille pour qu'elle parvienne à se les approprier, voire les reproduire par imitation. Nous travaillons, aussi, en parallèle des activités de motricité fine pour développer l'agilité des doigts et lui permettre dans un deuxième temps de signer.

Pour choisir quels moyens de communication utiliser et les comprendre, je vous invite à lire l'article Un système original - Le programme Makaton.

Extraits

Face à un sujet n'utilisant pas le langage oral, on peut proposer :
Une alternative au langage oral (moyen substitutif) qui ne doit se mettre en place que si l'on peut déterminer avec certitude que le langage oral ne se développera pas.
Un système de communication augmentée dont le but est de favoriser le développement du langage oral par la superposition de plusieurs canaux de communication (gestuel, symbolique, écrit). L'utilisation de plusieurs afférences apporte donc une redondance du message, Ia présentation multimodale permet au sujet de s'approprier (et d'utiliser) le moyen le plus adapté à ses propres capacités : orale, motrices ou mnésiques.
Quels moyens de communication utiliser?
Le canal gestuel
 Le canal gestuel est le premier moyen de communication à se développer chez le jeune enfant. 

En quoi ce mode de communication peut-il aider les enfants sans langage à communiquer ?
Contrairement au langage oral qui ne laisse qu'une trace auditive fugace, le signe peut être maintenu et procure un feedback visuel et kinesthésique. Le fait de se représenter le sens d'une phrase et de la visualiser mentalement favorise son rappel.

Le canal visuel
En quoi les pictogrammes peuvent-ils favoriser l'accès au langage oral?
Ils peuvent être utilisés pour souligner et structurer le langage oral, pour favoriser la prise de conscience des différentes unités langagières et améliorer ainsi la compréhension du langage oral. Ils facilitent l'accès au concept par une représentation visuelle.
Le caractère bimodal du code pictographique (symbole/mot écrit) associé à l'oral permet la mise en place de réseaux internes. Il permet, par ailleurs, un codage assez précis de la chaîne parlée et sensibilise le sujet au langage écrit.

 

Quoi?

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L'ensemble des phrases apparaissant ci-dessus nécessitent de connaître le pictogramme de la préposition avec que nous avons travaillée dans un deuxième temps. Je l'ai d'abord introduit verbalement.

Camille est particulièrement réactive sur la deuxième image qui décrit la phrase suivante: "Je m'habille avec quoi?" car c'est une demande qu'elle formule plusieurs fois par jour sur le rituel des poupées.

  • des mises en situations sur des demandes et centres d'intérêts privilégiés de Camille que j'ai au préalable répertoriés :

- "Je veux habiller, coiffer". Il lui arrive encore d'oublier le complément, de sorte que je reformule souvent la question avec le pictogramme correspondant. "Tu veux habiller qui?" "Avec quoi?". Je n'avais pas disposition le pictogramme Makaton Qui que j'ai donc fabriqué pour qu'il soit le plus représentatif possible.

- "Je veux faire un pansement à ...". "Où s'est-elle fait mal?".

Devant son intérêt pour les poupées et sa capacité à formuler des demandes leur étant destinées, j'ai réalisé un cahier de communication qui porte exclusivement sur ses poupées pour développer la communication, accroître son vocabulaire et améliorer la structure de la phrase.

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Cette idée a beaucoup plu à Camille qui s'est appropriée ce classeur en l'espace d'un week-end. Elle l'a initié à la sortie mensuelle de la ludothèque et les enfants et adultes ont participé à son "inauguration" : elle a comme souvent demandé à habiller les poupées, une jeune fille l'a incitée à utiliser le pictogramme "Aide-moi" et Camille était ravie.

Ce cahier spécifique a plusieurs objectifs :

  • diversifier les demandes pour éviter que les rigidités s'installent,
  • élargir les activités et thématiques autour de ce centre d'intérêt,
  • maintenir son attention sur une demande en choisissant sa poupée et en précisant ses choix : vestimentaires (Camille ajoute au verbe s'habiller la préposition avec suivie de la tenue vestimentaire; elle se prend au jeu et accessoirise sa poupée: lunettes...Cf. Jeux structurés semi-autonomes et autonomes), médicaux (faire un pansement à la main, au coude...cela permet de réviser le vocabulaire et de généraliser les apprentissages sur le schéma corporel), nourrir ses poupées (intégrer le pictogramme "donner" à manger, travailler les quantités en mettant le couvert pour trois poupées)... Son cahier comprend donc :

- les verbes d'action pouvant être utilisés avec les poupées;

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- les compléments (biberon, poussette...);

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- les photos de ses poupées : Qui?;

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- les vêtements et accessoires (Cf. Jeux structurés semi-autonomes et autonomes );

- les lieux avec les prépositions pouvant être utilisées (sur, dans, sous);

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- les parties du corps.

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- Lorsque nous sommes au rez-de-chaussée et qu'elle veut monter à l'étage, ou inversement, et qu'elle me montre où elle veut aller, je l'incite à répondre à la question "Tu veux aller où?" en insistant sur le . J'apprends à Camille à avoir l'automatisme de prendre son cahier de communication pour formuler des demandes qu'elle n'a pas l'habitude de faire. Dès qu'une même situation se présente avec une demande simulaire, je répète la phrase en la guidant si besoin pour placer les pictogrammes sur sa bande-phrase.

Camille a fait un bond en avant dans l'utilisation de ses cahiers de communication, la formulation de la phrase et la diversification des demandes. Elle l'utilise en permanence à la maison, se lève en me complétant une bande-phrase, me fait de plus en plus de commentaires et le transporte avec elle. Elle en a compris l'utilité et le sens : reste à le généraliser dans les autres lieux et à multiplier les demandes.

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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 22:00

Après l'initiation à la description d'images avec Ploum (Cf. Structure langagière) et de la vie quotidienne (Cf. Pictogrammes Makaton et construction de phrases (1)) , nous généralisons. J'utilise différents livrets d'activités que j'ai réalisés avec :

 

  • des photographies choisies par Camille de moments privilégiées avec ses poupées

Je donne le biberon à la poupée.SAM_1632.JPGSAM_1442.JPG

Je joue au docteur avec la poupée.SAM_1633.JPGSAM_1478.JPG

  • son nouveau compagnon de jeu, Babar, la peluche qui fait ce mois-ci le tour de la classe et vient passer quelques jours par-ci, par-là à la maison. Camille s'empresse de me demander de le photographier lors de différents temps de jeux alors, nous en profitons pour créer des situations et lui présenter de nouveaux pictogrammes. Les phrases s'allongent avec le complément d'objet direct, quelques prépositions (dans, sur, sous - Cf. Les positions spatiales "Sur, sous, dans" ), les compléments de lieux et les couleurs.

Babar dort sur le lit.

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Je fais un calin à Babar.

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Camille adore et elle est de plus en plus à l'aise avec ce type d'activités.

Elle me fait spontanément des phrases sur des demandes qui la motivent telles que:

"Je veux regarder les poupées sur l'ordinateur"

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" Je veux jouer aux poupées"

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Je l'incite à préciser son choix comme l'habillage, la dînette, le docteur en lui montrant les pictogrammes correspondants. Et Camille choisit :

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"Je veux aller à la boulangerie".

Camille prépare alors sa bande-phrase et nous travaillons en parallèle le dénombrement :

"Je veux deux baguettes et un éclair au chocolat".

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Puis vient le rituel tant attendu : la boulangère lui tend une panière de bonbons et Camille en choisit un. C'est à nouveau l'occasion de travailler les demandes et de présenter sa bande-phrase pour avoir son bonbon.

SAM 1631

Comme elle s'approprie bien cet outil, je lui ai crée un classeur de petit format qui facilite ses déplacements. Pour éviter qu'elle utilise le grand classeur PECS où figurent tous les pictogrammes et ne se perde dans la manipulation des images, j'ai différencié les classeurs avec une photographie de l'utilisateur :

  • maman

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  • Camille.

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Comme pour le cahier Makaton utilisé exclusivement pour décrire des images en situation de travail, j'ai classé les pictogrammes en rubriques :

Page de demandes et réponses répétées, support de la bande-phrase (pictogrammes Fini, Aide-moi, toilettes, Attends, Travail en face à face, Travail autonome)

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Qui?

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Que fait-il?

SAM_1623.JPGSAM_1624.JPG

Quoi?

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Où? ainsi que les premières demandes relatives aux sorties

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Les prépositions. Les compétences scolaires (maths de 1 à 5), les consignes de travail (entourer, relier...), le matériel scolaire, les couleurs;

SAM_1626.JPGSAM_1627.JPG

une page spécialement dédiée à Noël pour développer les demandes qui fusent en cette période.

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Camille peut exprimer ses choix de jouets et je la sollicite sur la compréhension avec des questions. Par exemple, Camille me fait la phrase : "Je veux que le Père Noël m'amène comme cadeau la poupée ...".

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Je lui demande ce que veut son frère Marius pour Noël; Camille consulte rapidement ses pages et saisit aussitôt le pictogramme "Voiture". C'est gagné!

Je la sollicite de plus en plus pour formuler des demandes avec sa bande phrase en situation quotidienne : je veux manger, je veux boire un verre de jus de fruits... ou communiquer sur sa journée, un moment précis.

Par exemple:

  • Que fait Marius maintenant?

Réponse : Marius regarde la télévision.

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Ce soir, après avoir ramené Babar à l'école, Camille a voulu me dire quelque chose. Elle a demandé son cahier de communication qui était resté au rez-de-chaussée, puis a pris le pictogramme Babar et m'a désigné la photo de sa classe. Je lui ai demandé en prenant les pictogrammes et constituant la bande-phrase : "Babar dort à l'école."? Elle m'a répondu "Non" puis m'a montré une camarade de classe. J'ai donc reformulé ma question, "Babar dort chez...?" et Camille, un grand sourire aux lèvres, m'a répondu :"Oui!" J'ai trouvé ça génial de pouvoir communiquer avec Camille sur la base de question-réponse sur sa journée et ce qu'elle avait envie d'exprimer.

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J'ai également affiché sur chaque porte le pictogramme de la pièce correspondante en grand format : ma chambre, la chambre de Marius, la chambre de maman et papa, la cuisine, la salle de bain, le bureau...Cela lui permet de se familiariser aux pictogrammes et de mieux les mémoriser pour les réutiliser en situation de travail et en situation naturelle.

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Toutes ces activités m'amèneront à introduire prochainement les pictogrammes Qui? Quoi? Où? 

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 13:31

Nous avons repris, avec Camille, nos ateliers culinaires hebdomadaires et après le gâteau au yaourt, nous poursuivons sur les desserts et l'incontournable mousse au chocolat

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A travers ces ateliers, nous en profitons pour :

  • travailler la force musculaire en cassant les carrés de chocolat et la coordination motrice
  • réviser les maths en mettant la quantité demandée (nombre d'oeufs) dans un récipient et travailler l'impulsivité motrice. Camille progresse, elle suit mon comptage à haute voix pendant qu'elle pose les oeufs un à un et s'arrête lorsque je lui dit : "Stop!"
  • favoriser son attention en suivant une recette de cuisine et en se familiarisant avec les pictogrammes et images.

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La recette est téléchargeable : ICI

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22 juillet 2012 7 22 /07 /juillet /2012 21:00

L'une des activités favorites de Camille est de cuisiner. Gourmande, elle aime particulièrement goûter puis re-goûter...pendant la réalisation de la recette. Et lorsqu'il s'agit de desserts, elle apprécie d'autant plus !

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Pour l'aider à visualiser une recette et ses étapes, participer activement à sa préparation et quantifier les ingrédients, j'ai donc réalisé des recettes à base de photographies et pictogrammes. Je vous en proposerai donc régulièrement pour alimenter son joli carnet de recettes et la rubrique PECS et structuration visuelle.

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Nous avons cuisiné, ce week-end, l'incontournable gâteau au yaourt : la recette est simple et facile à lire. Nous l'avons donc insérée dans la rubrique "Desserts".

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La recette en images est téléchargeable ICI.

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La recette a été découpée en séquences et chacune d'elles comporte des vignettes (pictogrammes et photographies) scratchées. L'objectif est toujours de travailler sur la structure de la phrase (Cf. Structure langagière) et de proposer ensuite à Camille de reconstituer la phrase entendue oralement. Je souhaite travailler ainsi son attention.


Et voici le gâteau prêt à être déguster!

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 11:53

Nous avons débuté des activités autour de la communication et de la structuration de la phrase (Cf. Structure langagière). Camille apprécie ces activités que nous avons élargies à la description d'images de la vie quotidienne avec des pictogrammes issus à la fois du logiciel Les pictogrammes II. En route vers l'autonomie et du Makaton

Le Makaton est un programme d'aide à la communication et au langage, constitué d'un matériel fonctionnel utilisé avec la parole, les signes et/ ou les pictogrammes. Pour en savoir plus, je vous invite à consulter sur le site du Makaton, l'article dédié à sa présentation : Qu'est-ce que le Makaton

J'ai réalisé un cahier qui regroupe de nombreux pictogrammes:

  • sur la première page sont regroupés les sujets avec le pictogramme Qui?

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  • sur les deuxième et troisième pages, sont représentés les verbes d'actions simples avec le pictogramme Que fait-il?.

Makaton-2.jpg Makaton 3

  • sur la quatrième et cinquième pages, les objets avec le pictogramme Quoi?

 qoi-1-copie-1.jpg quoi-2.jpg

  • puis les lieux Où?

ou.jpg

  • les couleurs

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  • les prépositions et adjectifs.

prépositions

  • enfin, les pictogrammes initiant à la temporalité Quand? issus du site SCLERA PICTO'S (voir Tous les pictogrammes en français).

quand.jpg

Pour débuter cet apprentissage et l'initier aux pictogrammes, j'alterne les exercices de discrimination et de reconnaissance de pictogrammes avec la consigne "Prends, montre, donne" que j'ai déjà explicitée dans de précédents articles (Cf. Prends, montre, donne (2) et Donne-moi, montre-moi, prends).

Puis je lui propose des séries d'images de 3 actions différentes, avec des personnages différents pour distinguer les personnes et favoriser la généralisation :

  • dormir, 

makaton-6.jpg

  • manger,

makaton-images--.jpg

  • se laver les dents.

Makaton 7

 

L'activité est toujours structurée autour de deux panières : sujets et verbes. Je mets au maximum 5 propositions dans chaque panière, pour éviter les confusions et lui permettre d'assimiler les pictogrammes.

MAKATON-10.jpg

Les photographies ont été téléchargées sur internet et les pictogrammes sont issus du site Makaton. Plus précisément, sur le site, du matériel pédagogique est disponible dont des jeux et celui des 15 cubes. Les pictogrammes de ce cubes sont ceux que j'ai téléchargés, après avoir écrit le mot correspondant dessous (où un emplacement y est réservé). Cliquez ICI pour accéder à ces pictogrammes.

CAM-MAKATON.jpg

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